journal de voyage : vers le nord 2014 la voie, qui vertement se déshabille souligne l'imprécision du trait et ne s'attend à rien d'un au-delà connu où, tout au bord du quai une ville se penche en elle-même et se rêve ou s'invente en elle-même en équilibre sur le rail de fer elle, aimante, moi ne sachant entendre ce que dit à ma tête d'aiguille le sanglot d'un marcheur à la jambe clouée lequel a décliné depuis longtemps toute espèce d'invitation à perdre sa boussole
gare de Rosporden - 29
Sous ce titre ésotérico-arithmétique, se cache le résultat très sec et dénué de poésie d'un bref espace de vie intense, intérieur et collectif, où nous fûmes tous emportés dans le même élan. la politique est cet acte rude et passionnel on se lance des chansons qu'on voudrait brailler à tue tête dans les cours et les rues avec l'espérance chevillée à la gorge, pour recracher la terrible impuissance d'un en-dehors qui n'est plus habité parce qu'on sait, pour la plupart d'entre nous tous, que la peau du monde se réduit à quelques pièces qui manquent, à quelques violences secrètes, à quelques éphémères...
ce pourrait être comme si un bateau se détachait du port et tombait, et tombait comme ne tombent jamais les bateaux qui s'éloignent et se perdent au delà, mais de quoi ? dans ce rêve il n'y a que des chutes des trous des regards au fond des puits ah ! mais n'allez pas croire que le noir est sale, que le fond est humide, que la chute est une chute sans issue ce serait comme si la porte se détachait, comme le bateau, comme le port, comme la ville porte de silence échappée vers la sortie d'une impatience affranchie de tout remords, de tout ensemble radeau sans attaches chuchotant des promesses des...
je ne fais pas de politique je suis politique comme nous comme tous qui, sans le savoir, sauf enfant loup, enfant sauvage, enfant non social, non sociable comme lui qui au coin des rues faisant la manche pleure de temps mal soigné, mal épaulé comme la femme abusée et lui sa carcasse vautrée sur trois putes arrosées de champagne, il fait semblant de l'ignorer mais... comme tous animal, au souffle politique, qui tire à vue, qui tire au sort là où le sort n'a rien à voir rapport de force ou soumission, transport ou abjection, immobilité ou entreprise tous, donc, et ce que j'en dis, moi, depuis le...
Revenir à soi, quelquefois, dans le tourbillon des esprits croisés; comme on dit des ligaments croisés, ceux qui nous font plier la jambe. Revenir à soi... ne pas plier ! Paris s'enivrait de signes aléatoires j'étais là, il y a longtemps, ou dans un autre présent ne sachant plus mesurer le temps, le bruit, le froissement des feuilles le sable se dérobait sous les pieds ne révélait pas de chemins neufs, de cavités secrètes mais des duretés de basalte qui prenaient toute la place et brillaient comme des miroirs Tout ce qui fait taire les chuchotis de complaisance contient l'essence des arbres morts...
je viens d'un temps soucieux de sa couleur d'un monde clos qu'un seul poing a brisé sur ma nuque je venais de partout et ne savais pas ce qui en sortirait le soleil était une rose vivace et ses membres s'étiraient jusqu'à la mer sans calcul je vins et ne revins pas, et ne retournai pas, et ne refusai pas le vent d'où le ciel sortit en abondance je m'évadai et tout s'arrondit en silence
j'ai reçu d'un ami ce courrier évoquant une lettre parue dans "libération", signée d'une belle brochette de vieux ex-ministres, dont je reproduit ici l'intégrale avant de donner ma réponse ... et je rappelle d'abord cette phrase bien connue de Rabelais : "science sans conscience n'est que ruine de l'âme !" ( le pauvre ! il n'avait encore rien vu !! Déclaration commune - parue dans Libération du 15 octobre 2013 « Nous assistons à une évolution inquiétante des relations entre la société française et les sciences et techniques. Des minorités constituées autour d’un rejet de celles-ci tentent d’imposer...
les histoires traversent les livres comme elles traversent les nuits elles nous rendent insomniaques en s'écrivant à la vitesse de la lumière même quand la lumière en est absente puis vient le matin, dépot de feu froid, comme lorsqu'on referme le livre et son épilogue inutile où tout est dit une bonne fois pour toutes qu'on les invente soi même ou que d'autres nous les offrent les histoires tournent en boucles dérisoires ce que nous ne savons faire de nos vies elles dessinent des lignes de fuite qu'on osera jamais emprunter des phrases qu'on n'osera pas prendre au mot parce qu'elles ont été, elles...
(à la manière de Tzara .. ou Prévert) préparer le papier préparer la couleur préparer le pinceau et préparer le cœur attendre, attendre déposer, effleurer, caresser, le moment sec, ou bien mouillé séquence après séquence sans se hâter vers l'étale innocence ne pas chercher, ne pas vouloir juste un jeu dans l'histoire juste un sanglot tombé à l'écart du hasard et puis laisser venir, laisser partir laisser faire le désir le vent passe la pluie cesse il n'y a plus de sel plus d'arrogance rien qu'un trait de silence un oiseau qui s'élance quand l'un finit l'autre s'enfuit quelque chose est passé /...
bientôt il n'y a plus qu'un cheval imaginaire et son double esseulé qui s'éloigne, qui s'éloigne dans le matin pâle la fête est finie (sculpture de Marc Morvan pour la fête "Deizéquilibre" à Concarneau) l'aurore roucoule poussant sur la nuit qui arque ses jambes de fer
village veillant sur le mariage du ciel au goût des fruits mûrs bleue dans l'herbe rase elle m'attend sur le chemin prune de septembre
voyage en Corrèze septembre2013
à la viscosité compacte, salée, charnelle de la mer toujours j'ai préféré la liberté des eaux courantes dont on ne sait quelle énergie les fait chanter ni quelle source les engendra elles sont nos errances et nos voyages nos chimères sans défense contre les heures comptées qui bondissent entre les pierres rondes ou paressent à l'ombre des collines en torrents de questions et de limons fertiles j'aime les fleuves et les rivières et le moindre cours d'eau qui ne se corrompt pas j'aime la douceur des eaux répondant à ma soif j'aime l'apparence usée des berges infidèles que la crue déborde selon son...