En dessinant, en peignant, on ne restitue pas le réel, on l'invente. Je n'ai jamais eu d'intérêt, ou d'envie, à reproduire ce que je vois, tout en admirant les peintres qui savent s'inspirer, en s'en détachant, de la réalité Picasso (pour moi le plus grand génie inventif de tous les temps) disait encore : la peinture est un métier d'aveugle. Il ne peint pas ce qu'il voit mais ce qu'il ressent. Créer, c'est sortir pour un moment du monde, intérieur ou extérieur, amener une forme, une image, une formule intrusive qui fait exploser nos regards. Je voulais être artiste. Je ne voulais pas faire quelque...
Voici le lien de publication sur Calameo de mon voyage / randonnée/ photo ... dont le projet fut de remonter le fleuve Dordogne en mai 2021 https://fr.calameo.com/read/0068311961af608917dd9
Dans la ville pierre sur pierre il n'y a pas d'arbre, il n'y a pas d'herbe. Des hommes en vert, dans des camionnettes vertes tous les matins arrosent les rues Et ne poussent que des mégots, des feuilles mortes, des déchets, des invisibles Ceux que personne n'a regardés dans le reflet géométrique des ombres de métal
balade contrastée dans les quartiers de Paris
Il arrive, souvent, d'oublier : un nom, un lieu, un air de musique, un livre autrefois lu. Il semble parfois que ce qu'on n'oublie le moins tient aux sens les plus primitifs: odorat, gout, sonorité (et non mélodie)... Ressenti profond surgissant contre toute attente : j'ai déjà éprouvé, déjà entendu, je suis déjà venue..? Tout est enfoui. Tout est là. Qu'on s'en souvienne ou non n'est pas l'essentiel. Mais il faut parler d'une autre mémoire, reconstituée, réinventée qui pourrait soutenir tel projet de "Mémoires" ou le désir de les écrire. Magnifier le mensonge et l'erreur de la reconstitution par...
dans le village il y a une foule qui marche il y a des boutiques grandes ouvertes des fenêtres chaque pas soulève une ombre chaque silence étouffe un cri ici on n'a rien enlevé ni le temps ni le remords ni la cendre ceux qui arrivent ne savent pas qui est mort qui est vivant le bois la pierre le vent ne disent rien, comme toujours ils sont restés, lointains ils sont restés, absents les larmes n'arrêtent pas les brasiers ceux qui marchent dans la poussière n'ont pas de larmes eux aussi se taisent le village s'enfoncera dans les sables mouvants et nous tournerons et retournerons, en vain, le sablier...
Elle me regarde la regarder de cet œil décharné surgissant de la mer et des os piqûre d'épingle où glisse un souffle court et vole la forme d'un cri sans objet que personne n'entendra de toute façon la chimère emporte ce moment de silence bouche amère qui se tait grande ouverte et me tourne le dos Née de la terre et du sel Née de la chair morte Née du vent qui porte à la pierre ce que le mot raconte Coquille de lait tiède durcie par les marées Sarabandes d'os en cavale Je te reprends et je te donne La forme d'un rêve impossible tu dors dort dans ta cage de silence Et c'est moi qui ricane
assemblages...
Graver avec les outils qui déchirent, qui creusent, qui taillent, brûlent. Gouges, acide, couteaux, presse. C'est tout nous, ça ! Pour faire du beau, pour faire du plus, même pas beau le plus souvent, parce que du plus que tout, il en faut, il en faut... Pour faire peu, il faut beaucoup de mal. D'abord, une image paisible de Pachamama, comme disent les Indiens. Non la terre n'est pas paisible, elle aussi nous lamine et nous contraint, nous défait, nous détruit. Dans son inconscience minérale, dans son ignorance somptueuse que nous lui pardonnons au nom de la beauté. Que pardonner d'ailleurs ? Le...
Cinq images de 2020... pour beaucoup, année terrible : malades et leur famille, personnels médicaux, saltimbanques et restaus, qui nourrissent l'esprit et le corps, et tous ceux qui ont eu à souffrir dans leur chair, leur affect, leurs activités. Moi, retraitée en bonne santé je n'ai pas (encore) de raison de me plaindre à titre perso, mais peut-on avoir l'esprit léger et le cœur sec quand, autour de nous, tant de gens voient s'écrouler leur monde ? Alors quand même ose-t-on se dire : Bonne Année ?
Mai 2020, juste à la fin du premier confinement. Les petits enfants à la plage, le kilomètre dépassé,...
J'ai découvert l'an dernier la collection des statues-menhir du musée Fenaille à Rodez, sculptées il y a 5000 ans dans diverses parties de l'Europe, dont le sud du Massif Central.... éblouissement et émotion artistique ! Y ajoutant mes affinités avec les civilisations amérindiennes, j'ai eu envie de faire cette "Pachamama" gravée sur lino... Une série de dix images dont je me propose de donner prochainement des versions plus "trash" pour protester contre les offenses faites à la Terre qui nous accueille. En ces temps troublés, je partagerai tout d'abord la simple tranquillité de cette dernière...
On ramasse des éléments, venus d'ici, venus d'ailleurs. On les assemble. Dans cet assemblage on réunit des influences, des cultures, des terres éloignées. Je pensais aux "poupées Losso" du nord Togo, faites d'os, de bois et de perles, je saluais mes amis, Losso, Kabyè, Kotokoli, Bassar, je pensais à ces deux enfants petits dont le père disparu (Losso) était un de mes amis. Mes mains construisent ces poupées, ni pour copier, ni pour s'approprier, ni pour symboliser des choses que je ne suis pas en mesure de comprendre, juste un clin d’œil complice, un jeu. Juste un moment d'enfance retrouvée.
Jouer...
Elles surgissent du sable, des eaux, des corps morts, des roches cinglantes, traversées de chairs brûlées, gardées par le sel du temps, élevant parfois des comptines accordées à la marche et aux jours. Peu à peu, j'en comprends le sens enfoui qui soulève la croute de mes illusions. "Au passage, prends-moi, disent-elles, emporte-moi dans l'autre néant de la cave et de la maison jaune!" Souvent, j'obéis, chargeant mes poches, mes sacs, mes regards, de fragments arrachés aux grandes cicatrices du voyage. Elles ne s'arrêtent pas là. Lorsque je dors, elles secouent la nuit de gémissements reconnaissables....
La cadence des pas déplia un catalogue de mots incertains. Certains filèrent sur la route où le chuintement de quatre pneus les réduisit au silence. D'autres coururent jusqu'au fossé avec des mines éperdues de feuilles mortes. Sur un branchage aux allures de phasme déglingué, je vis scintiller le mot "NUIT". Il appelait une ombre imminente qui tomba, en effet, lourdement, et m'encastra, moi aussi, dans la pluie sans couleurs. Il était temps de rentrer. Plus tard, je cherchai en vain, sur ma page blanche, les phrases égarées. Elle ne révéla qu'une catacombe de poèmes évanouis, de crânes, de cisaillements...
Un an plus tard... enfermée. Le temps se fait attendre où l'on pourra rêver. Mais reste la mémoire d'un instant qui n'a pas encore fui. Je reprends mon journal de bord.... pour m'y noyer ? Croisière sur le MS Lofoten de Bergen à Kirkenes, retour par voie terrestre (bus et train) de Kirkenes à la Bretagne 8 - 9 octobre / Bergen Dis-toi bien ça : jamais tu ne la soumettras ni même ne l'apprivoiseras. Mais tu as eu le désir, enfin, de te rapprocher, de t'affronter peut-être, de faire connaissance après tout ce temps passé à regarder de haut, à regarder de loin, à faire la dégoûtée, tu en conviens....
INKTOBER est un challenge de dessins, qui se déploie sur tous les mois d'octobre, avec 31 mots servant de base à un thème journalier… INK = encre et trait, dessin et texte... je ne me priverai donc ni de l'un ni de l'autre ! Tout cela vous a un petit air Oulipien* de contraintes stimulantes pour l'imaginaire, doublé d'un parfum surréaliste de "Cadavre Exquis"** auquel je ne résiste pas... Je considère ce challenge comme un jeu, un brouillon, dont les résultats ne sont pas aboutis mais emmènent sur des chemins potentiellement exploitables. Ou pas. On s'en fiche au fond, jouer et créer pour le plaisir...